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La Bible est-elle vraiment inspirée ? L'accomplissement exact de nombreuses prophéties depuis des siècles confirme son authenticité. La Bible révèle notre passé, notre présent et notre avenir; à nous de les découvrir !
Sauf mention contraire, les citations bibliques sont tirées de la Bible en français courant éditée par l'Alliance Biblique Universelle, 1983. A ceux qui désirent copier et publier des articles, je leur demande de mentionner le titre et le lien URL de l'article, ainsi que le nom de l'auteur. Les commentaires anonymes et non signés ne seront plus publiés. Merci et bonne lecture.

samedi 12 décembre 2015

''Une leçon prophétique de Hanoukka" (suite)

Par rapport à certaines remarques qui ont été faites à propos de l'article traitant de Hanoukka, je voudrais fournir quelques précisions complémentaires aux lecteurs intéressés par ce sujet.

D'abord, il n'est pas dans mes habitudes de célébrer la fête de Hanoukka, sans pour autant que je critique ou juge ceux et celles qui la fêtent.

Si j'ai choisi de parler de la fête de Hanoukka dans cet article de début décembre, c'était pour expliquer qu'il y avait pour tout croyant un enseignement à retirer des événements dramatiques qui ont été à l'origine de cette fête (voir l'article en question).

Hanoukka, tout comme Pourim, sont des fêtes juives rabbiniques considérées par le judaïsme lui-même comme « mineures ». En effet, ces deux fêtes ne font pas partie des sept fêtes mentionnées dans la Torah (Lévitique 23), et ne sont par conséquent pas obligatoires.

A l'origine, Hanoukka était une fête civile, qui commémorait la victoire des Maccabées sur le pouvoir tyrannique des Séleucides au deuxième siècle avant notre ère. Puis au fil du temps, la fête a évoluée et sa célébration s'est enrichie de coutumes nouvelles, comme l'utilisation d'un chandelier à neuf branches (huit branches qui représentent les huit jours de la fête et une neuvième qui sert à allumer les autres mèches), la distribution de toupies, la consommation de beignets traditionnels et, depuis peu, l'échange de cadeaux comme le font certains chrétiens à Noël !
Vous aurez compris qu'il n'y a qu'un pas pour dire que Hanoukka est en concurrence avec Noël !

Les livres des Maccabées parlent bien d'une fête qui dure huit jours :

« Ils célébrèrent la dédicace de l'autel pendant huit jours et ils offrirent des holocaustes avec une grande joie, ainsi que des sacrifices de communion et d'action de grâce. » (I M. 4 : 56).

Mais, il faut savoir que le récit de la découverte de la fiole d'huile, qui permit miraculeusement d'alimenter la Ménorah pendant huit jours au lieu d'un seul, nous vient du Talmud (rédigé du second siècle au cinquième siècle de notre ère).

« Qu'est-ce que Hanoukka ? Les rabbins enseignaient: «Le vingt-cinquième jour du mois de Kislev commence Hanoukka qui dure huit jours, durant lesquels il est interdit de faire des éloges funèbres et de jeûner. Lorsque les Hellénistes entrèrent dans le Sanctuaire, ils souillèrent toutes les huiles qui s'y trouvaient. Et, lorsque les Hasmonéens prirent le dessus et les vainquirent, on rechercha de l'huile pour alimenter la lampe sainte dans le Sanctuaire, et on ne trouva qu'un seul flacon intacte marqué du sceau du grand prêtre. Alors que la fiole contenait suffisamment d'huile pour une seule journée, un miracle eut lieu et on put allumer le candélabre huit jours de suite. L'année suivante, on institua une fête de huit jours qui serait dorénavant célébrée par des psaumes et des louanges à la gloire des merveilles de l’Éternel. » (Talmud de Babylone, Traité Chabbat 21b, livre I, chapitre II. Traduit de l'anglais par moi-même).

Et, c'est à Flavius Josèphe (fin du 1er siècle de notre ère) que l'on doit le nom de fête des lumières.

« nous célébrons cette fête, que nous appelons fête des Lumières, d'un nom qui lui fut, je pense, donné parce que cette liberté avait lui pour nous d'une manière inespérée » (Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XII).

Rien n'indique donc que la fête était à ses débuts nommée « la fête des lumières », et qu'elle fut célébrée en allumant une hanoukia.

Par ailleurs, lorsque le Nouveau testament mentionne une seule fois la présence du Seigneur Yéchoua au Temple de Jérusalem lors de la fête de la Dédicace (Hanoukka), il n'est absolument pas dit qu'il était là pour célébrer la fête !

« C'était l'hiver et l'on célébrait à Jérusalem la fête de la Dédicace. Jésus allait et venait dans la galerie à colonnes de Salomon, dans le temple. » (Jean 10 : 22-23).

Car il faut savoir, qu'à une certaine époque, le Seigneur se rendait souvent au Temple pour enseigner le peuple, puisqu'il était Rabbi ; et quoi de plus normal de se rendre au Temple lorsqu'il y a beaucoup de monde (Matt. 26 : 55).

Il est donc regrettable que certains croyants messianiques ou autres utilisent ce verset dans l'évangile de Jean pour affirmer que le Seigneur se trouvait au Temple pour fêter Hanoukka, et que nous devrions à notre tour célébrer cette fête.
Permettez-moi, d'ailleurs, de mettre en garde ceux et celles qui font un amalgame en assimilant la symbolique du Seigneur, qui est la lumière du monde, à cette fête des lumières ! Il y a là, en effet, une dérive que l'on retrouve dans la fête de Noël qui n'a rien de biblique. Le Seigneur Yéchoua n'a rien avoir avec cette fête hasmonéenne des lumières !

« Jésus adressa de nouveau la parole à la foule et dit : - Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit aura la lumière de la vie et ne marchera jamais dans l'obscurité. » (Jean 8 : 12).

Hanoukka est une fête qui est devenue excessivement populaire dans le monde juif, au point que la hanoukia (chandelier à neuf branches) remplace souvent la Ménorah (chandelier à sept branches) dans les foyers juifs. Sa grande popularité gagne de plus en plus de terrain chez les non-Juifs qui y voient souvent un prélude ou un avant-goût aux fêtes de fin d'année. Il n'est d'ailleurs pas rare de voir des personnalités politiques de premier rang se rendre sur les places publiques ou dans des synagogues pour allumer les bougies d'une hanoukia géante, signe du succès toujours croissant de la fête et du désir, somme toute louable, de nouer des liens d'amitiés entre les communautés juives et non-juives.

Tout récemment, un ami m'a fait remarquer que la fête de la Dédicace mentionnée dans Jean 10 : 22 ne correspondait pas à la fête de Hanoukka que l'on célèbre en décembre, mais était plutôt la commémoration de la dédicace du second temple de Zorobabel qui eut lieu à la fin de l'hiver 515 av. J.-C.

« Le temple fut terminé le troisième jour du mois d'Adar, durant la sixième année du règne de l'empereur Darius. Les Juifs, prêtres, lévites et autres gens revenus d'exil, célébrèrent dans la joie la dédicace du bâtiment. » (Esdras 6 : 15-16).

Bien que le verset de Jean 10 : 22 indique que c'était « l'hiver », rien ne prouve que la Dédicace qui se fêtait au Temple quand le Seigneur s'y trouvait ait été celle de la commémoration du Temple de Zorobabel, car le 25 Kislev (commémoration de Hanoukka) se fête aussi en hiver, mais au début de la saison hivernale cette fois.
D'autre part, aucun écrit ne confirme que ce fut la dédicace du Temple de Zorobabel qui fut fêtée en Jean 10 : 22, ni d'ailleurs la dédicace du 1er Temple de Salomon (I Rois 8 : 62-66), ou celle de l'autel de la Tente d'assignation (Nomb. 7 : 10-11).

Néanmoins, ce qui est tout à fait vraisemblable, c'est que les Hasmonéens (dynastie des Maccabées), dans un désir d'amalgamer les différentes dédicaces, aient choisi de célébrer huit jours de fête en raison des huit jours de la fête de Souccot non célébrés pendant le conflit entre les Maccabées et les Séleucides.

« Comme nous allons célébrer le vingt-cinq Kislev la purification du Temple, nous avons jugé de notre devoir de vous en informer, pour que vous aussi la célébriez à la manière de la fête des Tentes ... » ( II M. 1 : 18).

« Ils célébrèrent avec allégresse les huit jours à la manière des Tentes ... » (II M. 10 : 6).

Et ces passages du second livre des Maccabées nous renvoient à la Bible :

« A cette même occasion, Salomon célébra pendant sept jours la fête des Huttes en compagnie des Israélites assemblés en très grand nombre (...) Une assemblée solennelle eut lieu au huitième jours de la fête. » (II Chron. 7 : 8-9).

Conclusion

Bien que Hanoukka ne soit pas mentionnée parmi les sept fêtes de la Torah, libre à chacun de la célébrer, pourvu que sa signification reste la libération du peuple de la tyrannie païenne et non une assimilation avec notre Seigneur qui est la vraie lumière du monde.

Décembre 2015
Jacquy Mengal

mardi 1 décembre 2015

Une leçon prophétique de Hanoukka

Comme chacun sait, la fête juive de Hanoukka commémore la dédicace du Temple de Jérusalem qui eut lieu en 164 avant notre ère, après la victoire remportée par les Maccabées sur la tyrannie du roi séleucide Antiochus IV Épiphane.

La fête, qui dure 8 jours, sera célébrée cette année 2015 du 7 décembre (dès le 6 au soir) au 14 décembre. C'est en effet le 25 Kislev de l'an -164 que fut ré-inauguré le Temple de Jérusalem après avoir été débarrassé des souillures laissées par l'occupant séleucide. Et c'est lors de ce nettoyage que fut retrouvée un petite fiole d'huile qui servait à allumer le chandelier à sept branches (la Ménorah).
Par miracle, le peu d'huile contenue dans la fiole, juste nécessaire pour un jour, permit de maintenir la Ménorah allumée durant huit jours, soit le temps nécessaire à la fabrication d'une huile nouvelle. C'est pour cette raison que la fête porte également le nom de fête des Lumières et qu'elle est parfois assimilée aux fêtes de fin d'année (non-juives et non-bibliques) (1).

Hanoukka, signifiant « inauguration » ou « dédicace », est donc une fête rabbinique joyeuse qui possède ses propres traditions comme l'allumage journalier de la Hanoukia (chandelier à huit branches plus une servant à l'allumage des autres mèches), la distribution de toupies traditionnelles aux enfants et la confection de délicieux beignets que l'on mange en famille et/ou entre amis.

L'histoire de Hanoukka

Dans le passé, la terre d'Israël a été envahie à de nombreuses reprises en raison de sa situation géographique particulière, car coincée entre l'Égypte pharaonique et les empires assyro-babyloniens ; mais aussi à cause de sa religion singulière et unique dans un monde polythéiste.

C'est ainsi qu'au IIe siècle avant notre ère, Israël fut annexé par l'empire gréco-syrien de la dynastie des Séleucides. Le pouvoir séleucide, voulant imposer à tout prix la culture hellénistique dans tous les pays conquis, devint de plus en plus oppressant et dès l'an -167, à la faveur de rivalités au sein de l'institution du Temple, le roi Antiochus Épiphane, frustré dans ses projets de conquêtes, retourna sa colère contre les Juifs.
Des milliers d'entre-eux moururent en peu de temps. Puis ce roi impulsif et cruel imposa un régime de terreur : les rouleaux de la Torah furent brûlés, la circoncision, le respect des lois alimentaires, le shabbat et les pratiques religieuses furent interdits sous peine de mort.

Ce roi méchant alla même jusqu'à ériger une statue de Zeus sur l'autel des holocaustes du Temple et le profana en y sacrifiant des porcs selon la coutume hellénistique. Beaucoup de Juifs furent mis à mort parce qu'ils refusèrent de manger de la viande de porc et des nouveaux-nés circoncis furent tués avec leur propre mère (I Maccabées 1 : 54-64).

Mais un jour, Mattathias, un Cohen du village de Modîn, refusa de sacrifier aux dieux grecs et jura avec ses frères et ses fils de rester fidèle à l'alliance conclue avec le Dieu d'Israël. Il détruisit l'autel païen élevé dans son village, tua les Hellénistes et en chassa d'autres. Le prêtre s'enfuit alors dans les collines de Judée avec ses frères et ses cinq fils, les Maccabées (d'après le surnom donné à Judas, l'un d'entre-eux). Après la mort du vieux prêtre, ses fils prirent la tête de l’insurrection contre les Séleucides. De nombreux Juifs se rallièrent à eux et ce fut le début d'une révolte et d'une reconquête.

Les Maccabées réussirent d'abord à chasser les Syriens séleucides hors de Jérusalem, puis le Temple fut inauguré le 25 Kislev de l'an 164 avant notre ère, après avoir été débarrassé des idoles et nettoyé de fond en comble.

« 52 Le vingt-cinq du neuvième mois, nommé Kislev, en l'an cent quarante-huit, (...) 56 Ils célébrèrent la dédicace de l'autel pendant huit jours et ils offrirent des holocaustes avec une grande joie, ainsi que des sacrifices de communion et d'action de grâce. » (I Maccabées 4 : 52 et 56). (2)

Une leçon pour notre époque

Si la fête de Hanoukka concerne avant tout le monde juif, l’événement dramatique qui fut à l'origine de l'histoire de Hanoukka devrait attirer l'attention de tous les croyants.
En effet, outre toutes les horreurs que ce roi sanguinaire ait pu perpétrer en peu de temps, l'acte ultime de provocation qu'il commit fut « l'abomination de la désolation ».

« Le quinzième jour de Kislev en l'an cent quarante-cinq {en -167}, le roi construisit l'abomination de la dévastation sur l'autel des holocaustes, et dans les villes de Juda alentour on éleva des autels. » (I Maccabées 1 : 54).

L'expression « abomination de la dévastation » que l'on nomme aussi « abomination de la désolation », « abomination du dévastateur » ou encore « horreur abominable » se rencontre à différents endroits du Tanakh, mais aussi dans le livre apocryphe de I Maccabées et dans le Nouveau testament (3).
Cette expression fait référence à la fois à une construction et à un rituel. A l'époque qui nous occupe ici, il s'agissait de l'élévation d'une statue de Zeus Olympien devant le Temple et de son autel où des porcs furent sacrifiés selon la coutume hellénistique.

Évidemment, cet acte impie était tout à fait contraire aux lois de la Torah et aux Commandements divins (Ex. 20 : 3-6 et Lév. 11 : 7-8). De plus le Sacrifice perpétuel fut interdit puis remplacé par ce culte idolâtre (Ex. 29 : 38-46). Il s'agissait donc vraiment d'un acte de défiance vis-à-vis du Très-Haut.

Le livre du prophète Daniel nous donne également une version de cette histoire tragique qui conduisit à cet acte infâme de «l'abomination de la désolation » :

« Ils supprimeront le sacrifice qu'on offre chaque jour à Dieu et placeront sur l'autel l' ''Horreur abominable''» (Daniel 11 : 31). Voir également Dan. 8 : 9-14 et 8 : 23-26 qui concernent le même événement.

Pour le judaïsme rabbinique la prophétie de Daniel s'est accomplie avec cette épisode de la révolte victorieuse des Maccabées sur les Séleucides (ce que nous rappelle Hanoukka).
Mais pourquoi retrouve-t-on cette expression (Horreur abominable) dans le Nouveau testament (écrit au 1er siècle de notre ère), si cet événement décrit dans Daniel 11 : 31 est censé faire partie du passé ?

« Vous verrez celui qu'on appelle ''Horreur abominable'', dont le prophète Daniel a parlé; il sera placé dans le lieu saint. (Que celui qui lit comprenne bien cela !). » (Matthieu 24 : 15).

En lisant ce passage du livre de Matthieu (Mattiyahou), nous sommes invités à bien comprendre la prophétie ; et pour cause, car la référence à trouver dans le livre de Daniel n'est pas le verset de Dan. 11 : 31 (ni ceux du chapitre 8), mais bien celui de Dan. 12 : 11-12 qui nous parle aussi d'une « Horreur abominable », et qui est à mettre en relation avec les passages de Dan. 9 : 27 et Dan. 7 : 25.

« Depuis le moment où l'on ne pourra plus offrir à Dieu le sacrifice de chaque jour, et où l'''Horreur abominable'' sera placée sur l'autel, il s'écoulera mille deux cent quatre-vingt-dix jours. Heureux ceux qui demeureront fermes dans leur attente pendant mille trois cent trente-cinq jours. » (Daniel 12 : 11-12) (4)

Or, en lisant l'entièreté des chapitres 11 et 12 du livre de Daniel, on s'aperçoit que l'on a changé d'époque ! En effet, à partir de Daniel 11 : 40 et jusqu'à la fin du chapitre 12, le prophète nous décrit des événements qui doivent arriver au temps de la fin :

« A l'époque de la fin ... » (Dan. 11 : 40).

« Toi, Daniel, garde secret ce message, ne révèle pas le contenu de ce livre avant le temps de la fin. Alors beaucoup de gens le consulteront et leur connaissance en sera augmentée. » (Dan. 12 : 4).

Chers lecteurs, savez-vous que cette déclaration dans Dan. 12 : 4 est en train de s'accomplir de nos jours. En effet, est-il encore nécessaire de spéculer sur l'époque dans laquelle nous vivons ? Tous les signes d'avertissements donnés par les prophètes d'Israël sont bel et bien en train de se réaliser sous nos yeux.
Nous sommes dans les temps de la fin et malgré le scepticisme de certains ou la raillerie d'autres, nous allons voir arriver cet homme impie qui pénétrera dans un temple reconstruit à Jérusalem. Il fera cesser le Sacrifice et l'offrande et commettra l'ultime « abomination de la désolation ». (Celle commise par Antiochus Épiphane n'était en quelque sorte qu'une préfiguration d'un événement à venir).
Voici ce que le prophète Daniel écrivait à ce propos :

« Pendant la dernière période de sept ans, il imposera de dures obligations à un grand nombre de gens. Au bout de trois ans et demi, il fera même cesser les sacrifices et les offrandes. Ce dévastateur accomplira ses œuvres abominables avec rapidité, jusqu'à ce que la fin qui a été décidée s'abatte sur lui.» (Dan. 9 : 27).

Ainsi, pensez-vous qu'il soit impossible qu'un troisième Temple soit rebâti à Jérusalem et que le Sacrifice perpétuel y soit à nouveau pratiqué (peut-être son forme de prières comme le suggérait Maïmonide ? (5)

Car, soyez certain que ce n'est pas Antiochus Épiphane, ni même le général romain Titus en l'an 70 qui sont décrits dans ce verset de Daniel 9 : 27. Ni l'un, ni l'autre n'ont jamais fait d'alliance d'une durée de sept années qu'ils auraient rompue après trois ans et demi.
Cet homme qui mettra un terme au Sacrifice perpétuel à la moitié de la « semaine de sept ans » n'est rien d'autre que cet impie mentionné dans Daniel 7 : 25.

Et même si ce troisième Temple devait être à nouveau profané, sachez que plusieurs prophètes nous ont aussi annoncé l'arrivée d'une ère messianique, un âge d'or pour l'humanité, où Jérusalem tiendra une place de premier plan parmi les villes des nations et où un Temple magnifique y sera reconstruit (Ézékiel, chapitres 40 à 48).

Notes

1) Il semblerait que le rite de l'allumage des bougies pendant les 8 jours ait été ajouté à la fête à une époque plus tardive; et d'aucuns y verraient une tradition héritée des cultes du solstice d'hiver. Il est vrai que les Saturnales romaines duraient elles aussi 8 jours et se déroulaient à la même époque; alors hasard ou coïncidence ?

2) Les livres des Maccabées ne font pas partie du Canon biblique. Ce sont des livres apocryphes que l'on peut néanmoins considérer comme historiques.

3) Alors que la fête de Hanoukka n'est pas directement mentionnée dans le Tanakh, le Nouveau testament y fait référence à une seule occasion dans Jean (Yohanan) 10 : 22.

4) Ces différentes périodes de temps exprimées en jours sont longtemps restées une énigme pour beaucoup. Mais ceux qui célèbrent les fêtes bibliques se rendent bien compte qu'il s'agit de périodes de temps comprises entre certaines fêtes.
D'autre part, remarquons que la période de temps que dure la suppression du Sacrifice perpétuel n'est pas la même dans Dan. 8 : 13-14 et Dan. 12 : 11-13. Dans Dan. 8, on parle de 3 ans et 2 mois, et cela concerne « l'abomination » d'Antiochus, alors que dans Dan. 12, il s'agit d'une autre « abomination » qui durera 3 ans et demi et qui aura lieu au temps de la fin.

5) N° 559 – La prière de Minha.- Kol Sofaich

Cet article a également été publié sur "Ops & Blogs" du « Times of Israel » :

Décembre 2015
Jacquy Mengal

mercredi 28 octobre 2015

Pourquoi Jérusalem ?

Quel est l'enjeu du conflit pour la ville ?

L'actualité de ces dernières semaines nous rappelle une fois de plus que le conflit Israélo-palestinien n'a toujours pas trouvé de solution pacifique, malgré les nombreuses tentatives de négociations menées depuis des décennies, principalement sous l'égide des Américains. Mais au delà des revendications pour la reconnaissance d'un État palestinien, c'est le statut de Jérusalem et l'accès au mont du Temple qui provoquent ce nouveau regain de violence auquel nous assistons depuis septembre 2015.

Avec ces vagues de violences à répétition, nous pourrions penser a priori que la ville porte bien mal son nom, puisque Yéroushalaïm (Jérusalem) signifie littéralement « Ville de paix ». Mais, c'est peut-être oublier un peu vite, que si la cité est depuis longtemps un foyer de tensions, son avenir, largement prophétisé dans les Écritures, n'en sera pas moins prospère, heureux et véritablement paisible.

Bref rappel historique

Le lieu où Abraham voulut offrir son fils Isaac en « sacrifice » était déjà habité par les Jébuséens. Ceux-ci fortifièrent la colline au sud du mont Moriah et lorsque le roi David conquit la ville vers l'an 1 000 avant notre ère, il y établit sa capitale.

« David s'empara pourtant de la forteresse de Sion, nommée par la suite Cité de David. » (II Samuel 5 : 7).

Mais c'est à Salomon, son fils, que revint l'honneur de bâtir un Temple sur le mont Moriah à la gloire du Dieu d'Israël. Le roi fit également agrandir la cité et construire de nouvelles murailles afin de protéger le Sanctuaire.

Ensuite, les rois de Juda, au gré des circonstances et de leur fidélité à l'Alliance sainte, agrandiront la cité et la fortifieront.

Une nouvelle enceinte fut édifiée par le roi Ezékias au VIIIe siècle av. J.-C., pour accroître la superficie de la ville et accueillir ainsi les fugitifs Israélites rescapés de la prise de Samarie en - 721. Cette enceinte, qui est véritablement considérée comme la « Première muraille », protégeait le Quartier Neuf (Mishneh) situé à l'ouest de la Cité de David.

Longtemps après, le royaume de Babylone succéda à l'Empire assyrien, et dans sa soif de conquêtes, le roi Nabucodonosor déporta la population juive à Babylone et détruisit Jérusalem et son Temple en - 586. Toutefois, après le retour d'exil et la reconstruction du Temple, Artaxerxès, empereur de Perse, autorisa Néhémie à se rendre à Jérusalem afin d'entreprendre la restauration des murs et des portes de la cité en - 445.

A l'époque hasmonéenne, au IIe siècle avant notre ère, le « Second rempart » fut élevé et compléta celui reconstruit par Néhémie.
Ensuite, sous l'occupation romaine, Hérode le Grand, dont la cruauté n'avait d'égal que son génie bâtisseur, embellit le Temple et encouragea le développement urbanistique de la ville. La cité s'élargit encore en direction du nord, sous le roi Agrippa Ier (41 à 44 de notre ère).

Mais la prise de Jérusalem et la destruction du Temple par le général romain Titus et ses légions en l'an 70 faillit anéantir l'existence même de la cité. Et, après la destruction complète de la ville par l'empereur Hadrien, en réponse à la révolte de Bar-Kokhba, celle-ci fut aussitôt reconstruite en 135 sur le modèle romain et porta le nom d'Aelia Capitolina.

Au Ve siècle, sous le règne de l'impératrice byzantine Eudoxie, les remparts furent complètement relevés. Et, excepté la brève période de domination perse sassanide (614 à 629), les Byzantins demeurèrent dans la ville jusqu'à ce que les Musulmans s'en emparèrent en 638.
C'est durant cette première période musulmane que le Dôme du Rocher fut construit en 691, puis la mosquée Al-Aqsa, qui fut achevée en 715. Les Arabes y restèrent jusqu'en 1099, quand les Croisés y installèrent le Royaume latin de Jérusalem.

En 1187, Saladin conquit Jérusalem et en chassa les Croisés. C'est la période ayyoubide qui dura jusqu'à la prise de la ville par les Mamelouks en 1267.

Puis, avec la conquête du sultan turc Selim Ier en 1517, Jérusalem tomba dans le giron de l'empire ottoman pour une durée de quatre cents ans. C'est durant cette période (1537 à 1541) que Soliman le Magnifique fit rebâtir les portes et les murailles de la Vieille ville.

« Ce sont des étrangers qui rebâtiront tes murailles; leurs rois seront à ton service, dit le Seigneur. » (Esaïe 60 : 10)

Avec la fin du pouvoir ottoman en 1917, Jérusalem, et tout le pays, fut placé sous la tutelle du « mandat britannique » jusqu'à la création de l’État d'Israël le 14 mai 1948.
Mais, dès le lendemain de la proclamation d'indépendance, une coalition arabe formée de l’Égypte, du Liban, de la Syrie, de la Jordanie et de l'Irak attaqua le nouvel État d'Israël.
Après une année de guerre, l'armistice fut signée par les belligérants, excepté l'Irak. La Judée et la Samarie (Cisjordanie) passèrent sous contrôle jordanien et Jérusalem fut divisée entre la Jordanie, contrôlant la partie orientale et Israël la partie occidentale.

En juin 1967, Israël mena une guerre préventive de six jours pour devancer la menace imminente d'une attaque de la coalition ennemie formée de l’Égypte, la Jordanie, la Syrie et de l'Irak. A l'issue du conflit, Jérusalem-Est fut reprise des mains des Jordaniens ainsi que la Judée-Samarie (Cisjordanie). Cependant, l'administration du mont du Temple (esplanade des mosquées) fut laissée aux Arabes palestiniens.
Jérusalem fut réunifiée et proclamée « Capitale éternelle et indivisible de l’État d'Israël », ce que le conseil de sécurité de l'ONU ne reconnut pas !

Frustrés par la défaite de la guerre des Six jours, la Syrie et l’Égypte attaquèrent Israël par surprise au mois d'octobre 1973. C'est la guerre du Kippour qui, bien que n'ayant pas eu de répercussion notable sur le statut de Jérusalem, permit à l’Égypte la récupération du Sinaï et une normalisation des relations avec Israël.

Malheureusement, le processus de paix entre Israël et les Arabes palestiniens n'a toujours pas abouti sur une paix consensuelle durable, laissant Jérusalem aux cœur des révoltes arabes (Intifadas). Et depuis la fête de Rosh Hashana 2015, la ville doit à nouveau faire face à ce que d'aucuns appellent déjà une « troisième intifada ».

L'enjeu caché du conflit

A travers ce bref survol historique, nous constatons que Jérusalem a été envahie et dominée à de nombreuses reprises et par différents peuples. Certains historiens affirment qu'elle a été détruite dix-sept fois !
Pourtant, le sous-sol de la région ne recèle aucune richesse importante et la cité n'était à ses débuts qu'une petite ville montagneuse sans grande importance stratégique.
Comment se fait-il alors qu'elle soit devenue la ville opulente que nous connaissons aujourd'hui ? Et pourquoi est-elle toujours autant convoitée après toutes les souffrances qui lui on été infligées ?

Tout le monde sait que Jérusalem est une ville religieuse importante, autant pour le Judaïsme que pour l'Islam ou le Christianisme. C'est sans aucun doute cette particularité qui est à l'origine des tensions récurrentes pour la ville. Mais d'un point de vue strictement historique, il nous faut reconnaître qu'elle fut d'abord et avant tout la capitale du royaume de Juda :

« Le Seigneur son Dieu lui accorda quand même un fils pour lui succéder, afin que la famille ne s'éteigne pas et que Jérusalem reste la capitale du royaume, mais ce fut à cause de David, » (I Rois 15 : 4).

En effet, la tribu cananéenne des Jébuséens qui y était installée depuis l'âge du bronze a été vaincue définitivement par le roi David en raison de la méchanceté de ses habitants et de leurs pratiques odieuses (voir Lévitique, chapitres 18 à 20).

Le peuple de Juda lui-même dut aussi subir la correction divine et l'exil à chaque fois qu'il tombait gravement dans le péché. Ce qui fut notamment le cas en – 586 et en l'an 70.
Mais, en dépit de ces épisodes d'exils forcés, Jérusalem est toujours restée la capitale des descendants du peuple de Juda, qui n'est autre que le peuple juif !
Il ne s'agit pas ici d'une revendication politico-religieuse quelconque, mais d'un fait historique indéniable !

Et en plus d'être la capitale de ce peuple juif, et avant toute considération religieuse ou politique, elle est la seule ville sur cette terre que le Seigneur a choisie pour y faire résider son Nom !

"... C'est dans Jérusalem que sera mon nom à perpétuité." (II Chron. 33: 4/II Rois 21: 4, version L. Segond)

"d'ailleurs je ne lui reprendrai pas tout le royaume, mais je lui laisserai une tribu, à cause de mon serviteur David et à cause de Jérusalem, la ville que j'ai choisie." (I Rois 11: 13, 11: 32 et 11: 36).

Mais, au delà des querelles religieuses et des rivalités politiques, la véritable raison du conflit pour Jérusalem dépasse l'entendement humain, car il s'agit d'une guerre spirituelle dans laquelle Satan essaye de contrecarrer les plans du Tout-Puissant et de prendre la place de son Messie.

« L'ange dit à Satan, l'accusateur : - Que le Seigneur te réduise au silence, Satan, oui, qu'il te réduise au silence, lui qui a choisi Jérusalem ! Yéchoua n'est-il pas en effet comme un tison arraché au feu ? » (Zach. 3 : 2).

Quel avenir pour Jérusalem

En effet, tous ceux qui lisent les Écritures savent très bien que le Messie d'Israël régnera à Jérusalem !

« C'est pourquoi, je le déclare, moi, le Seigneur de l'univers, je vais revenir à Jérusalem pour y manifester ma bonté. Mon temple y sera rebâti, et l'on reconstruira la ville. » (Zach. 1 : 16).

Mais avant cette époque glorieuse, la ville devra à nouveau faire face à une période de troubles et de conflits qui semble déjà se profiler à l'horizon quand on considère le risque d'aggravation de la situation actuelle et les déclarations des dirigeants de ce monde à propos du statut de la ville sainte. Plusieurs prophètes nous ont annoncé cette époque et en particulier Zacharie qui nous donne une chronologie de ce qui va se passer dans un avenir plus ou moins proche.

« En ce temps-là, je ferai de Jérusalem un bloc de pierre que les peuples voudront soulever. Alors toutes les nations de la terre s'uniront contre la ville. » (Zach. 12 : 3).

« 2 En effet, le Seigneur rassemblera les nations pour qu'elles attaquent Jérusalem (...) 3 Puis le Seigneur se mettra en campagne contre ces nations, (...) 4 En ce temps-là, il se tiendra sur le mont des Oliviers, près de Jérusalem, à l'est de la ville (...) 9 En ce temps-là, le Seigneur régnera sur la terre entière, (...) 11 On pourra s'installer dans la ville, elle ne sera plus menace de destruction et on y vivra en sécurité (...) 16 En ce temps-là, les survivants des nations qui ont attaqué Jérusalem se rendront chaque année dans cette ville, pour adorer le Seigneur, le roi de l'univers ... » (Zach. 14).

Mais quand bien même, Jérusalem aurait encore à subir pour un temps la convoitise et la violence des hommes, sachez qu'elle est destinée à devenir véritablement et sans l'ombre d'un doute la Ville de paix qu'elle aurait toujours dû être.

"Moi, le Seigneur, j'ai un amour ardent pour Jérusalem, j'éprouve une vrai passion pour elle. C'est pourquoi, je le déclare, je suis revenu à Jérusalem, j'habite de nouveau à Sion. On appellera Jérusalem 'Ville fidèle', et Sion, la colline qui m'appartient, aura pour nom 'Colline sainte'" (Zach. 8: 3).

« Un jour, la colline du temple sera solidement fondée sur les plus hautes montagnes, elle se dressera au-dessus des collines. Alors les peuples afflueront vers elle. Beaucoup de nations s'y rendront ; ''En route ! diront-elles, montons à la colline du Seigneur, à la maison du Dieu de Jacob. Il nous enseignera ce qu'il attend de nous, et nous suivrons le chemin qu'il nous trace.'' En effet, c'est de Sion que vient l'enseignement du Seigneur, c'est de Jérusalem que nous parvient sa parole. Il rendra son jugement entre de nombreux peuples, il sera un arbitre pour de puissantes nations, même lointaines. De leurs épées elles forgeront des pioches, et de leurs lances elles feront des faucilles. Il n'y aura plus d'agression d'une nation contre une autre. Chacun cultivera en paix sa vigne et ses oliviers sans que personne lui cause de l'effroi. Voilà ce que déclare le Seigneur de l'univers. » (Michée 4 : 1-4/Esaïe 2 : 2-4).

Cet article a également été publié sur "Ops & Blogs" du "Times of Israel"

Jacquy Mengal

dimanche 27 septembre 2015

La restauration de tout Israël

La plupart des gens sont persuadés que le peuple juif représente entièrement Israël et réciproquement. Les deux noms seraient pour eux synonymes. Or, en étudiant attentivement l'histoire du peuple d'Israël dans les Écritures, on s'aperçoit qu'après la division du royaume de Salomon, le nom "Israël" se référait plus souvent aux dix tribus du Nord, alors que "Juda" désignait plutôt le peuple juif (1).

Distinction entre Juda et Israël

"Alors la population de Juda rejoindra celle d'Israël, et toutes deux reviendront du pays du nord au pays que j'ai donné à leurs ancêtres comme propriété personnelle.(Jérémie 3 : 18).

D'après le contexte, cette prophétie de Jérémie se rapporte aux temps messianiques. Si nous lisons que le peuple de Juda rejoindra celui d'Israël et que tous deux regagneront leur pays ancestral, cela signifie qu'il y existe forcément deux peuples distincts qui se réuniront dans un avenir plus ou moins proche.
Il est donc essentiel de comprendre cette distinction et de reconnaître quels sont les peuples désignés par les noms « Israël » et « Juda », car un grand nombre de prophéties se rapportent tantôt à l'un, tantôt à l'autre, ou aux deux peuples à la fois.

Voici ce que le prophète Zacharie écrivait :

"Ensuite je cassai le second bâton, celui de l'unité, pour rompre la fraternité entre les gens de Juda et d'Israël." (Zacharie 11 : 14).

Nous remarquons ici que Juda et Israël sont frères, mais que leur unité est rompue. Que s'est-il donc passé ?

Deux peuples, deux destins ...

Si les peuples de Juda et d'Israël ont eu une histoire distincte après leur division, leur origine est cependant commune.

Jacob, petit-fils d'Abraham, dont le nom fut changé en celui d'Israël, eut douze fils et une fille (Dina) de quatre femmes différentes. Soit, de Léa, fille de Laban : Ruben, Siméon, Lévi, Juda, Issachar et Zabulon. De Bila, servante de Rachel : Dan et Neftali. De Zilpa, servante de Léa : Gad et Asser. Et enfin de Rachel, fille de Laban : Joseph (2) et Benjamin (Genèse 29 : 31-35; 30 : 1-24 et 35 : 16-18).

Au fil des siècles, ces douze patriarches formèrent des clans, puis des tribus que le roi David unifia au sein du royaume d'Israël. Le roi Salomon affermit le trône mais, aussitôt après sa mort, le royaume fut divisé vers 930 avant notre ère.
Les dix tribus du Nord (3) firent sécession et se séparèrent de la Maison de David constituée de la tribu de Juda, de Lévi, de Benjamin et d'une partie de la tribu de Siméon (I Rois 12 : 16-24; II Chron. 11 : 13-14).
Dès cette époque les dix tribus du Nord devinrent le royaume d'Israël, alors que les habitants de la Maison de David appelés Judéens ou Juifs formèrent le royaume de Juda (4). Ce schisme entre Juda et Israël conduira même les deux peuples à des conflits fratricides (II Chron. 13).

Alors qu'Israël se détournait de plus en plus de son Dieu (Osée 12 : 1-2), Juda demeura fidèle à l'Alliance sainte et conserva le sceptre (Royauté et prééminence messianique, Gen. 49 : 10).
Hélas, malgré les avertissements des prophètes, le royaume du Nord ne se détourna point de sa mauvaise conduite et la catastrophe annoncée depuis de nombreuses années s'abattit sur Samarie, la capitale du royaume d'Israël (Lév. 26 : 33; Ezék. 20).

En 721 avant notre ère, Sargon II, roi d'Assyrie et successeur de Salmanasar V s'empara de Samarie et déporta la population d'Israël au delà de l'Euphrate, comme l'avait fait dix ans auparavant le roi assyrien Téglath-Phalasar, qui déporta principalement les habitants de Galilée et du pays de Neftali (II Rois 15 : 29).
Même si de nombreux fugitifs parvinrent à rejoindre Jérusalem, une grande partie des Israélites du royaume du Nord fut déportée et seuls quelques milliers d'entre-eux furent autorisés à rester sur place (II Chron. 34 : 6-7, 9).
D'après les chroniques assyriennes, Téglath-Phalasar déporta quelque 10 000 israélites et Sargon II, un peu moins de 30 000 personnes :

"J'assiégeai, j'occupai la ville de Samarie, et réduisis en captivité 27 280 personnes qui l'habitaient ..." (déclaration de Sargon II) (5).

Après la déportation, les Assyriens installèrent des Samaritains dans le pays pour pallier la dépopulation (II Rois 17 : 24). Ainsi, le royaume d'Israël disparut et ne fut jamais reconstitué:

"... Seule la tribu de Juda subsista" (II Rois 17 : 18).

Mais la fidélité du royaume du Sud fut de courte durée. Quelque 120 années après l'exil d'Israël, la rébellion de Juda provoqua aussi la colère du Seigneur qui permit au roi de Babylone, Nabuchodonosor, la déportation des Juifs en 606 et en 597 av. J.-C. Peu après, le Temple fut détruit et le reste de la population fut déporté à Babylone en 586 avant notre ère (II Rois 23 : 26-27 et 25 : 9-15).
Selon les historiens, ce n'est pas moins de 20 000 personnes qui furent déportées en trois vagues successives (en - 606, - 597 et en - 586).

Comme l'avait annoncé le prophète Jérémie, le pays fut abandonné pendant une durée de soixante-dix ans (Jér. 25 : 11). Et, au terme de cet exil, Cyrus permit aux Juifs de revenir à Jérusalem et de s'installer dans le pays. Le livre d'Esdras précise que 42 360 Juifs revinrent d'exil (Esdras 2 : 64).

"... Quand le royaume de Babylone aura duré soixante-dix ans, alors j'interviendrai pour vous et je réaliserai le bien que je vous ai promis: je vous ferai revenir ici, à Jérusalem.(Jérémie 29 : 10).

Cependant, beaucoup de gens croient que tous les Israélites revinrent d'exil. Mais cette croyance largement répandue est tout à fait fausse !
Dans les livres d'Esdras et de Néhémie, seuls les Juifs sont mentionnés dans la liste des exilés qui revinrent de Babylone. Ces gens étaient issus des tribus de Juda, de Lévi et de Benjamin (Esdras 1 : 5; 2 et Néh. 7 : 6-72). Les autres Israélites déportés en - 721 ne sont jamais revenus avec leurs frères juifs en 536 av. J.-C.; cela est un fait historique certain !

Bien sûr, les Juifs représentent une partie du peuple d'Israël; c'est donc pour cette raison que certains passages des Écritures les désignent comme étant des Israélites ; ce qu'ils sont bien évidemment ! (Esdras 1 : 4 et Néh. 7 : 61). Mais comme le déclarait un bibliste américain :

"Les Juifs sont des Israélites, certes, mais tous les Israélites ne sont pas des Juifs!" (6)

Les tribus « perdues » d'Israël

Nous savons que la destruction de Jérusalem et du Temple en l'an 70 a été à l'origine de la diaspora du peuple juif à travers le monde. Mais, bien avant cette diaspora juive, les autres Israélites (non-Juifs) avaient déjà pris le chemin de l'exil.
Que sont alors devenus ces Israélites après leur déportation au delà de l'Euphrate et où se trouvent leurs descendants aujourd'hui ?
Voici une énigme historique qui a déjà suscité bon nombre de controverses et de fantasmes. En effet, plusieurs hypothèses ont été proposées par des historiens et différents hommes religieux, qu'ils soient d'ailleurs juifs ou chrétiens.
Pour les partisans de la théorie de « l'Anglo-israélisme » (7), les dix tribus d'Israël auraient migré vers le Nord et leurs descendants se seraient installés dans les pays Anglo-saxons.
Cette idée est évidemment rejetée vigoureusement par tous ceux qui considèrent que le peuple juif constitue intégralement Israël.

Pour d'autres, comme certains rabbins (8), les descendants des dix tribus auraient été identifiés parmi les Pachtounes en Afghanistan, les « Bnei Ménaché » du Mizoram en Inde et les Chiang-Min du Sichuan en Chine. Enfin, il existe d'autres hypothèses plus improbables qu'il est inutile de mentionner.

Mais que dit vraiment la Bible au sujet du destin des dix tribus d'Israël ?
Les Écritures recèlent plusieurs prophéties, parfois très anciennes, qui s'adressent directement aux descendants des douze tribus d'Israël; donc aussi bien aux Juifs, qu'aux autres Israélites de l'ancien royaume du Nord.
Des promesses de bénédictions décrivent des tribus qui deviendraient des peuples puissants, riches et influents dans le monde (Gen. 24 : 60; 48; 49; Deut. 28 :1-14; 33). Mais il y avait aussi des avertissements et des malédictions dans le cas où l'Alliance sainte serait délibérément rompue (Deut. 28 : 15-68 et 31 : 16-29).

Ceux qui proclament avoir découvert les tribus d'Israël en Afghanistan, en Inde et en Chine, ont l'habitude de décrire ces gens comme ayant conservé des noms, des coutumes et des mœurs plus ou moins proches du judaïsme. Pour eux, cela faciliterait leur conversion officielle au judaïsme et leur intégration en Israël.
Certes, mais les Écritures ne disent pas tout à fait la même chose ! Les véritables descendants des dix tribus d'Israël ne possèdent plus aucune tradition ni coutume issue du judaïsme ancien. L'identité même de ces tribus est perdue, car elles ont rejeté Dieu et se sont assimilées aux païens. Ces tribus ne portent même plus le nom d'Israël :

"Tu l'appelleras Etranger, car vous, les gens d'Israël, vous n'êtes plus mon peuple, et moi je ne suis plus rien pour vous.(Osée 1 : 9).

"Il y a si longtemps que nous ne sommes plus le peuple sur lequel tu règnes, le peuple qui porte ton nom!.." (Esaïe 63 : 19).

Aujourd'hui, c'est Juda (le peuple juif) qui porte le nom d'Israël :

"Ecoutez, peuple de Jacob, vous qui êtes si fiers de porter le nom d'Israël, et qui descendez de Juda ..." (Esaïe 48 : 1).

Tous ces gens en Afghanistan, en Inde, en Chine, mais aussi les Falashas éthiopiens qui ont conservé des traditions et des coutumes qui les rattachent au judaïsme sont en fait des convertis de longue date au judaïsme antique. Ils sont Juifs par conversion (parfois très ancienne), et également par mariages mixtes (9).

On ne peut rejeter les Écritures, et elles sont très explicites quant au devenir des descendants d'Israël. Les Pachtounes, les Falashas ou les « Bnei Ménaché » n'ont jamais bénéficié des promesses faites aux dix tribus d'Israël (Gen. 24 : 60 et Deut. 33). Ces gens qui conservent des coutumes juives bénéficieront des promesses faites à Juda pour autant qu'ils l'acceptent et qu'ils rejoignent Israël (10).

Si la théorie de « l'Anglo-israélisme » paraît quelque peu excessive sur certains points, il semble néanmoins qu'elle contienne un fond de vérité historique.
En effet, la Bible nous décrit un exil forcé de tribus qui se sont dirigées vers le Nord (Jér. 16 : 15), puis qui se sont disséminées aux quatre coins de la terre (Jér. 31 : 8; Ezék. 34 : 6). A l'exception de Juda, ces peuples auraient perdu leur identité originelle (Deut. 32 : 26; Jér. 3 : 8), mais ils subsisteraient jusqu'au temps de la fin, car un reste reviendra dans le pays de Samarie (Jér. 31 : 4-5).

Réfléchissons mes amis, quels sont les peuples dont l'histoire correspond le mieux à ce destin extraordinaire relaté dans les prophéties ? Ne serait-ce pas les tribus celtes aux origines si mystérieuses ?

Les Celtes ont envahi l'Europe de l'Ouest dès le 7e siècle avant notre ère, soit après la disparition de l'empire assyrien, le vainqueur des Israélites.
Ensuite, une partie des Celtes, poussée par l'empire romain puis par les invasions barbares du Ve siècle, a migré vers l'Angleterre. Et tout le monde sait que les colons qui arrivèrent en Amérique sont précisément des Britanniques, des Irlandais, des Français, des Belges et des Hollandais; ceux-là même qui se sont disséminés aux quatre coins du monde pour coloniser de nouvelles terres et accroître leurs richesses.

Demi shekel
Euro irlandais
Les Celtes avaient des coutumes et des mœurs proches des Israélites : ils débutaient le mois à la nouvelle lune et le jour au coucher du soleil. Leur nouvel-an commençait en automne et les druides, comme les Lévites, étaient exempts du service militaire et d'impôts. Les Bardes et les Ovates, comme les musiciens israélites, appartenaient à la caste sacerdotale et la harpe représentait un instrument emblématique (figurant aujourd'hui sur le demi-shekel israélien et l'euro irlandais). Ils avaient aussi en commun la coutume (païenne) de sacrifier sous les arbres verts (Ezék. 6 : 13) et de couper la tête de leurs ennemis en guise de trophées ! (II Rois 10 : 7).

Ainsi, les descendants des dix tribus d'Israël se trouveraient aujourd'hui dans les pays conquis par les Celtes ; soit : l’Europe occidentale (France, Suisse, Belgique, Hollande, Danemark) et dans les pays Anglo-saxons (Royaume-uni, Irlande, États-Unis, Australie, Canada, Afrique du Sud et Nouvelle Zélande). Et même s'ils sont dispersés parmi les peuples et dans les pays où ils habitent (nos nations ne sont pas homogènes), ils ont toujours bénéficié d'une prépondérance évidente (Michée 5 : 6-8).

Israël et Juda reviennent dans leur pays

Avec la création de l'État d'Israël en 1948, le peuple juif, qui a toujours conservé son identité, a déjà regagné en partie son pays ancestral, et cela était prophétisé (Nomb. 13 : 6 et 14 : 24; Zach. 14 : 14).

Mais, une fois encore, la plupart des gens pensent que l'ensemble des prophéties qui annoncent le retour de tout Israël en Terre sainte concernent exclusivement le peuple juif.
Il est vrai que le retour des Juifs au sein de leur foyer national constitue, sans aucun doute, un premier accomplissement important de la prophétie. Mais les Écritures sont tout à fait claires : Juda (le peuple juif) sera rejoint par un reste des descendants de l'ancien Israël et les deux peuples seront à nouveau réunis :

"Alors Juda et Israël retrouveront leur unité, ils se donneront un chef unique et seront maîtres du pays. Ah, le grand jour de Jizréel." (Osée 2 : 2).

Si Juda a déjà regagné en partie la Terre sainte, le reste des descendants d'Israël accompagné par les Juifs encore en diaspora reviendront ensemble pour s'établir dans leur territoire ancestral, c'est-à-dire sur les antiques collines de Samarie et dans l'ancienne Phénicie (Abdias 1 : 16-21).

"Je te rétablirai, chère Israël; de nouveau tu prendras ton joli tambourin pour te joindre aux danseurs joyeux. De nouveau tu planteras des vignes sur les collines de Samarie, et les vignerons pourront enfin profiter de leurs plantations. De nouveau un jour viendra où, sur les collines d'Efraïm, ceux qui veillent s'écrieront: "Allons, montons à Sion auprès du Seigneur notre Dieu!" (Jérémie 31 : 4-6).

Ce rassemblement se réalisera au début de l'ère messianique, car c'est le Messie d'Israël lui-même qui ira rechercher les rescapés d'Israël et de Juda partout où ils se trouveront à cette époque-là (Deut. 30 : 4).

"Il dressera un signal pour avertir ces nation qu'il va rassembler les exilés d'Israël et regrouper les Judéens dispersés aux quatre coins du monde." (Esaïe 11 : 12).

Aussi incroyable que cela puisse être, la plupart de ces gens (exceptés les Juifs qui se savent Israélites) ignorent encore qu'ils sont des descendants de l'ancien Israël, jusqu'au moment où ils finiront bien par s'en rendre compte. Car ils seront irrésistiblement attirés par Eretz Israël et désireront s'y rendre.

Et si la Bible parle d'un « reste » qui doit revenir au pays, c'est malheureusement parce que le monde actuel va devoir faire face à cette grande tribulation dont parlent plusieurs prophètes (Esaïe 10 : 20-23). Les descendants d'Israël seront eux-aussi affectés par cette grande détresse. C'est donc après cette tribulation que les Juifs en diaspora et un reste des Israélites regagneront la Terre sainte :

"C'est alors, déclare le Seigneur, qu'Israélites et Judéens viendront d'un même pas, marchant tout en pleurant pour me chercher, moi leur Dieu." (Jér. 50 : 4).

Notes

1) Cette distinction ne signifie pas que les Juifs ne sont plus considérés comme des Israélites. Ils sont bien sûr Israélites à part entière puisqu'ils sont descendants d'une partie des tribus (Esdras 2 : 2 et 4 : 12).

2) Manassé et Efraïm, les deux fils de Joseph, sont considérés comme deux tribus distinctes. Quelques fois même, Efraïm représente les dix tribus d'Israël (Ezék. 37 : 16; Jér. 31 : 6).

3) Les dix tribus du nord regroupent : Ruben, Issachar, Zabulon, Dan, Neftali, Gad, Asser, Manassé, Efraïm et une partie de Siméon.

4) C'est dans II Rois 16 : 5-6 qu'il est fait mention pour la première fois de Judéens (Juifs).

5) Jules Oppert (1825-1905), Grande Inscription du palais de Khorsabad, page 9.

6) Dibar Apartian (1916-2010), Les pays de langue française selon la prophétie, USA, 1982, page 3.

7) La théorie de l'Anglo-israélisme prétend que les Anglo-Saxons sont les descendants des dix tribus d'Israël et que la Couronne britannique trouverait son origine dans la postérité du trône de David. Cette théorie, largement diffusée par Herbert W. Armstrong (1892-1986) et Yaïr Davidiy (Brit-am), est née suite à la séparation de l'Église d'Angleterre avec l'Église catholique au XVIe siècle.
Et, si par certains aspects cette hypothèse peut être corroborée par la Bible, il est regrettable qu'elle soit entachée de mythes et de légendes qui la discréditent. Par ailleurs, cette théorie a malheureusement été récupérée par certaines organisations racistes et élitistes.

8) L'association Shavei Israel, et l'institut juif Amishav fondé en 1975 par plusieurs rabbins d'Israël cherchent à identifier et localiser les descendants des dix tribus d'Israël.

9) Avant leur arrivée en Israël, les Juifs éthiopiens pratiquaient un judaïsme assez archaïque et plusieurs chercheurs tentent toujours de découvrir l'origine de leur conversion. Pour rappel, Moïse s'était uni à une femme éthiopienne; il n'est donc pas impossible que cette union ait engendré une descendance. On sait également que les bonnes relations entre le roi Salomon et la reine de Saba ont pu être à l'origine de multiples conversions et mariages mixtes.

10) Si quelques milliers de « Bnei Ménaché » et autres membres de la communauté Chiang-Min sont déjà revenus en Israël, par contre les Pachtounes d'Afghanistan convertis à l'Islam depuis de nombreuses années ne sont pas du tout prêts à migrer en Israël et encore moins à se convertir au judaïsme.

Cet article a également été publié sur "Ops & Blogs" du "Times of Israel"

Bonne fête de Succot 2015
Jacquy Mengal

samedi 12 septembre 2015

Bonne fête des Trompettes (Yom Térouah) !

« Le premier jour du septième mois, vous vous rassemblerez pour adorer le Seigneur. Vous n'accomplirez pas votre travail ordinaire, car c'est le jour de l'acclamation. » (Nomb. 29 : 1).

Inscription hébraïque sur la pierre

Inscription gravée sur une pierre provenant du coin supérieur sud-ouest du mur entourant le Temple. Il y est écrit : « le-Beth-ha-teki'ah-le-hakh {riz} », qui signifie : « Lieu pour la sonnerie de la trompette ».
La pierre qui a été retrouvée au niveau du sol a vraisemblablement été jetée du dessus du mur par les Romains lors de la destruction du Temple en l'an 70.

L'inscription est sur le bord supérieur de la pierre

C'est manifestement à cet endroit (au coin supérieur sud-ouest) que se trouvait le Pinacle où les lévites sonnaient de la trompette lors des différentes fêtes et aux nouvelles lunes.

Le Pinacle (coin sud-ouest du mur)

« Aux jours de fête, le premier jour de chaque mois ou à l'occasion d'autres solennités, vous sonnerez de la trompette ... » (Nomb. 10 : 10).

« Célébrez-le au son des trompettes et du cor, lancez vous acclamations en l'honneur du Seigneur, le Roi. » (Ps. 98 : 6).

(Fête des Trompettes, le lundi 14 septembre 2015)
Jacquy Mengal

jeudi 13 août 2015

Délicieuse grenade !

Les lecteurs de mon blog auront certainement remarqué que j'utilise habituellement l'image d'une pomme grenade comme logo personnel. J'apprécie en effet beaucoup ce fruit pour sa saveur sucrée et légèrement acidulée. Mais saviez-vous que la grenade est de plus en plus consommée partout dans le monde, autant pour ses qualités gustatives que pour ses bienfaits sur la santé ?

Le fruit
Grenade et arilles
La grenade (Punica granatumest un fruit de la forme d'une pomme, d'où son autre nom de pomme grenade, qui appartient à la famille des punicacées.

Son origine et son aire de répartition sont l'Asie occidentale et le Proche Orient. Les fruits du grenadier, que l'on récolte en Automne, sont principalement utilisés pour le jus contenu dans leurs graines (les arilles). Et ce jus est surtout consommé sous forme de sirop et de jus de fruit plus ou moins pur ou mélangé à d'autres fruits (1). Mais il est également utilisé comme teinture rouge pour les tapis d'orient et il fut même utilisé autrefois comme encre d'écriture.

A consommer sans modération !

Comme la majorité des fruits, la grenade possède de nombreuses vertus pour la santé. Elle a des propriétés anti-inflammatoires, antibactériennes, antivirales et a un rôle bénéfique sur la tension artérielle. Elle contient aussi principalement des vitamines B5, B6, C et du cuivre.

La pulpe tout comme le jus sont utilisés en cuisine ; mais c'est surtout dans le jus que l'on trouve son meilleur atout, car il recèle une forte teneur en polyphénols : des antioxydants puissants qui ont des effets bénéfiques contre les problèmes cardiovasculaires, les troubles neurologiques et contre le développement des cellules cancéreuses.
Alors messieurs, buvez du jus de grenade ! Il est prouvé scientifiquement qu'il diminue le risque de cancer de la prostate et du côlon.
Et vous mesdames, ne vous en privez pas non plus ! En agissant sur les récepteurs d’œstrogènes et non œstrogéniques, il réduit le risque de développement du cancer du sein.

La valeur nutritive de la grenade est de 65 calories avec de 3,5 g de fibres par portion de 100 grammes. Sa teneur en eau étant de 70 %.

Un symbole biblique

Depuis des millénaires, le fruit du grenadier a été utilisé comme symbole de fertilité et de prospérité dans plusieurs religions et mythes d'Orient. Dans la Bible, la pomme grenade tient également une place importante, tant d'un point de vue symbolique que par son utilisation comme élément décoratif. Quoi de plus normal, puisque la grenade figure parmi les sept espèces emblématiques de la terre d'Israël :

"C'est un pays où poussent le blé et l'orge, la vigne, le figuier et le grenadier, un pays qui abonde en huile d'olive et en miel." (Deut. 8 : 8).

La robe du Grand prête était d'ailleurs décorée de clochettes d'or et de grenades :

"On décorera le bas de la robe, tout autour, de fruits du grenadier en laine violette, rouge et cramoisie; on y mettra aussi des clochettes en or. Les grenades alterneront avec les clochettes." (Ex. 28 : 33-34).

Le plafond du Temple était même décoré de quatre-cents grenades accrochées aux chapiteaux sur deux filets :

"Il fit également une décoration représentant des fruits du grenadiers; il y en avait deux rangs sur les filets recouvrant les chapiteaux." (I Rois 7 : 18). Voir aussi I Rois 7 : 20 et 42

Et les deux colonnes de bronze situées à l'entrée du Temple étaient également décorées de grenades en bronze :

"Par exemple, les colonnes avaient chacune neuf mètres de haut; elles étaient surmontées chacune d'un chapiteau de bronze, haut d'un mètre et demi, et décoré tout autour d'une sorte de filet de bronze, et de fruits de grenadiers, également en bronze ..." (II Rois 25 : 17). Voir aussi II Chron. 3 : 16 et Jérémie 52 : 22-23.

On trouve aussi une belle allégorie de la grenade dans l'hymne à l'amour du livre du Cantique des Cantique :

"Un ruban rouge: ce sont tes lèvres; ta bouche est ravissante. Derrière ton voile tes pommettes ont la rougeur d'une tranche de grenade." (Cant. 4 : 3).


"Je te mènerais jusque chez ma mère, et tu m'apprendrais l'amour. Je te ferais goûter à mon vin parfumé et à mon jus de grenade." (Cant. 8 : 2).

Le fruit sera même représenté sur les shekalim d'argent frappés entre l'an 66 et 70, et aujourd'hui encore, il orne les rouleaux de la Torah.

Culture du grenadier en Israël

Le grenadier apprécie le climat chaud et supporte les courtes périodes de sécheresses ; mais, il est nécessaire d’irriguer les plantations, si l'on veut obtenir des rendements productifs intéressants.
En Israël, la technique d'arrosage du « goutte-à-goutte », invention israélienne bien connue, a permis d'optimiser cette production fruitière tout en réduisant la consommation en eau nécessaire au développement de l'arbre.

Parmi les nombreuses variétés de grenade, les principales cultivées en Israël sont l'Acco, la Shani-Yonay et la Herzkoviz au goût sucré, ainsi que la Wonderful légèrement plus acidulée.

Si la superficie des plantations de grenadiers était de 110 hectares dans les années 90, elle est passée à 1000 hectares en 2005 et ne cesse d'augmenter (2). De ce fait, Israël figure parmi les principaux pays producteurs de ce fruit, qui se retrouverait plus souvent sur les étales des marchés des villes européennes, s'il n'était pas frappé par le boycott de la campagne « BDS » (3) à l'encontre des produits israéliens.

Notes

1) Il convient d'être attentif quand on achète du jus de grenade car le pourcentage en jus de grenade réel est parfois très fluctuant d'une marque à l'autre. Quant à la limonade appelée « grenadine », vous devez savoir que certaines bouteilles ne contiennent pas une seule goutte de jus de grenade !


3) « Boycott, Désinvestissement et Sanctions »

Cet article a également été publié sur "Ops & Blogs" du "Times of Israel"
http://frblogs.timesofisrael.com/delicieuse-grenade/

Août 2015
Jacquy Mengal